
Le premier, Harry Carney avait,
dans l’orchestre de Duke Ellington, donné à la
fois son indépendance et ses lettres de noblesse à
l’encombrant saxophone baryton. Mais c’est à
Gerry Mulligan que cet instrument doit véritablement son
statut de soliste à part entière, et sa
célébrité. Le saxophoniste – mais aussi
pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre –
n’est pourtant pas de ceux qui impressionnent une
génération par l’éclat de prouesses
techniques ou l’audace des improvisations. Dans un langage
qui n’appartient qu’à lui s’expriment la
très fine sensibilité et la sincérité
d’un musicien qui a donné à la brûlante
histoire du jazz une touche de fraîcheur.








