
Pierre Lapointe est sans
aucun doute la meilleure nouvelle qui nous soit arrivée de
Montréal depuis The Arcade Fire. La Forêt des
mal-aimés, le deuxième album de ce jeune homme de 24 ans,
s'écoute en effet avec la certitude de tenir entre ses
oreilles un beau disque compagnon. Qu'il soit seul derrière
son piano, ou poussé aux fesses par des cordes
généreuses, Lapointe sait nous prendre par le bras et par
les sentiments avec une infinie justesse. "Ce n'est sûrement
pas de briller/Qui nous empêchera de tomber/Ce n'est
sûrement pas de tomber/Qui nous empêchera de rêver?,
chante-t-il dans Deux par deux rassemblés, l'une des chansons
les plus étonnantes et cathartiques de cette rentrée
musicale. Une chanson qui résume bien Lapointe : partir
devant, courir à toute blinde, mais avec un esprit songeur
tout au long de l'échappée. Mêler l'action et
l'introspection, avec un sens inné de la mélodie,
voilà le moteur bien huilé de ce jeune chanteur
québécois.
La forêt des
mal-aimés
Dans tous les morceaux
de ce génial ambidextre, la vie prend un très rare relief
: elle défile à toute vitesse, en laissant les images
s'empiler au petit bonheur la chance ; ou malheur la chance, c'est
selon. La musique de Pierre Lapointe est faite de mille personnes,
de mille moments, de mille chansons qu'on a tous connus, et qui
s'entremêlent avec une grâce certaine. Au fil des titres,
elle peut d'abord évoquer le songwriting souple et pointu de
Michel Polnareff ou Claude Léveillée, avant de nous
laisser entrevoir, quelques secondes plus tard, une jolie sympathie
pour le Robert Charlebois psychédélique de la fin des
années 60, voire pour l'émouvante bonhomie de Joe
Dassin.
Deux par deux
rassemblés
Pierre Lapointe est
capable de jouer sur plusieurs tableaux, avec une
élégance rare. Avec Katerine ou Albin de la Simone, il
partage cette tendance à vivre dans ses disques, à faire
vibrer la chair de l'auditeur qui ne s'y attend pas
forcément.
J'ai l'ai vu en spectacle et je n'ai pu m'empêcher de verser quelques larmes !!
Egg
lun 01 oct 2007 18:38